Wanbu Taiji

Cours de taiji et qigong à la Chaux-de-Fonds

Catégorie : Ressources

Portraits de personnages importants

De nombreuses personnes ont contribué à la création du taiji, puis à son évolution et à sa transmission jusqu’à nous. Voici quelques personnages importants dans cette chaîne.

Damo (ou Bodhidharma)

Selon la légende, Bodhidharma, appelé Damo en Chine, était un moine bouddhiste venu d’Inde, et qui s’est établi dans le monastère de Shaolin, dans le Henan. Quand il a constaté la mauvaise forme physique des moines, il se serait retiré pendant 9 ans dans une cave proche du monastère. Durant ce temps, il aurait rédigé deux classiques pour guider les moines vers une pratique physique et spirituelle plus seine.

Cet événement légendaire marque la naissance d’une grande partie du qigong chinois. Son exploration plus en avant au monastère de Shaolin a mené au développement de nombreux styles d’arts martiaux. L’influence du qigong de Shaolin est immense et se fait sentir dans tous les arts martiaux chinois, y compris le taiji.

Bodhidharma
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Zhang San-Feng, un des pères du taiji.

Zhang San-Feng a vécu durant la dynastie des Song (960-1280). Il a étudié au temple de Shaolin, où il a appris les arts martiaux, le qigong et la méditation chan (zen). Après avoir fini ses études, il est allé continuer sa pratique des arts martiaux, du qigong et de la méditation dans un haut lieu du taoïsme, le temple des nuages roses dans les monts Wudang.

C’est là qu’il aurait observé un combat entre un serpent et une grue. Cette expérience l’a mené à modifier son style plutôt dur venu de Shaolin en un style plus doux. Il s’est aussi éloigné des pratiques de renforcement externes comme frapper des sacs de sable ou soulever des poids, pour se rapprocher de techniques internes comme des techniques de visualisation et de manipulation de l’énergie vitale, le qi. Pour cette raison, il est considéré comme le père des arts martiaux internes comme le taiji, le bagua et le xing-yi.

Zhang San-Feng
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Yan Long Jiang, mon maître à Londres.

A 16 ans déjà, il était un artiste martial très doué dans les styles externes. Cependant, il a un jour subi une cuisante défaite aux mains d’une femme plus petite et de force physique inférieure. Elle étudiait le taiji.

Long Jiang a alors décidé d’étudier cette discipline auprès de Maître Zhang Bo à Harbin, où il étudiait alors. Maître Zhan Bo est un maître de 4ème génération du Style Wu, maintenant considéré comme un trésor national en Chine.

Long Jiang était un excellent élève, ce qui lui a valu d’être choisi comme un des successeurs de Zhan Bo. Il est arrivé au Royaume-Uni il y a une dizaine d’année, et y a enseigné le taiji a de nombreux élèves.

Yan Long Jiang
Visitez son site web
http://wutaiji.co.uk/

Dominique Falquet, mon maître à Genève

Dominique Falquet a une connaissance très large des arts martiaux. Il enseigne le taiji, le xing-yi (aussi écrit “hsing-i”) et le kung-fu Saolim (Sao-Lim Hood Khar Pai) à l’école Yi-Xin, et pratique en outre le Iaï-do. En 1988, lors d’un périple en Asie, il a rencontré le maître chinois résident en Malaisie P’ng Chye Khim, auprès de qui il a entrepris l’étude du Sao-Lim Hood Khar Paï. Il est resté 2 ans en Malaisie à approfondir sa connaissance de cet art, et y est retourné très régulièrement au cours des 20 années suivantes, jusqu’à la mort de maître P’ng en 2010. Là-bas, il a passé près de la moitié de son temps à étudier les arts martiaux. C’est durant cette période qu’il a appris le taiji et le xing-yi, toujours auprès de Maître P’ng.

Dominique enseigne le Saolim depuis 1996. Il a commencé à Berlin, puis à Genève dès 2002. En 2007 il a fondé l’école Yi-Xin, où il enseigne également le taiji et le xing-yi. C’est dans cette école que j’ai commencé mon apprentissage du taiji en 2012.

Je me considère comme immensément chanceux d’avoir pu bénéficier de l’enseignement de Dominique. En effet, il détient des connaissances martiales et pédagogiques exceptionnelles. De plus, la qualité de son mouvement me remplit d’admiration à chaque fois. Seule une autre personne que j’ai vue (la danseurs Catherine Palmier) l’égale à mes yeux sur ce point. Ce point peut sembler n’importer que du point de vue artistique, mais ce serait mal comprendre ce qui se joue lors d’une confrontation physique. Les capacités martiales de Dominique sont incroyables, et à mon sens il en doit une bonne partie à sa qualité de mouvement, qui lui permet d’exploiter les techniques au plus près de leur efficacité potentielle.

Dominique Falquet
Visitez son site web.

Jean-Philippe Richard, mon premier prof d’arts martiaux

Jean-Philippe Richard était l’instructeur à l’école des 5 Forces de Carouge où j’ai commencé mon apprentissage des arts martiaux. Il a commencé sa pratique des arts martiaux en 1981 avec le judo, avant de se diriger vers le kung-fu en 1989. Il a d’abord appris des styles Sino-Vietnamiens et des bases de Saolim et de Shaolin du nord, puis approfondi ses connaissances au travers de stages auprès de nombreux maîtres comme Wang Cuong Luong, Vic Novas, Yang-Jwing-Mingh, Shi De Cheng et Dominique Falquet.

En 1997, il ouvre l’école de Kung-Fu des “Cinq Forces” de Carouge. Dans une ambiance un peu familiale, les cours y étaient dispensés avec rigueur à des hommes et des femmes ainsi qu’à des enfants. Il a transmis à ses élèves une connaissance à la fois large et profonde du kung-fu, à la fois du point de vue artistique avec les formes et les combats chorégraphiés avec et sans armes, que du point de vue combatif avec diverses pratiques comme du combat semi-contact avec protection, du contact léger sans protections, du self-defense et des mains collantes.

C’est à lui que je dois d’avoir continué ma pratique avec autant d’assiduité, mais aussi ma découverte du taiji et du qigong. Je garde en particulier un excellent souvenir des courtes séances de méditation qui clôturaient chaque cours. J’ai d’ailleurs repris cette pratique dans mon enseignement du taiji.

Jean-Philippe Richard



Lieux importants

Un art martial riche et profond comme le taiji ne se développe pas en un seul endroit. Voici quelques lieux qui ont nourri les racines, le tronc et les branches du taiji tel qu’on le connaît actuellement. Visitez cet article régulièrement, j’y ajouterai des lieu avec le temps.

Le temple de Shaolin

Berceau légendaire des arts martiaux chinois, ce temple est situé dans les montagnes du Henan. C’est là que Bodhidharma, appelé Damo par les chinois, aurait enseigné des techniques de cultivation physique et spirituelle aux moines. Ces techniques forment une grande partie de la base du qigong chinois.

Ces pratiques auraient permis aux moines, en meilleure santé, de se défendre efficacement contre les attaques de bandits, et dans certains cas même de porter secours à des convois impériaux. Petit à petit, cela a mené à la création de multiples techniques d’arts martiaux.

Au niveau spirituel, les techniques de méditations enseignées par Damo ont donné naissance à la branche Chan du bouddhisme chinois, qui a donné Zen en japonais.

Aujourd’hui, c’est un haut lieu touristique pour les pratiquant·e·s d’arts martiaux du monde entier, et de nombreuses écoles y sont rattachées. Dans ces écoles, des milliers de jeunes chinois·e·s apprennent les arts martiaux en internat.

Shaolin Kungfu

Les monts Wudang

Contrepoint taoïste au temple (bouddhiste) de Shaolin, les monts Wudang sont un autre haut-lieu des arts martiaux chinois. On y trouves de nombreux temples, ainsi que des maîtres d’arts martiaux qui y vivent de la culture du thé, et qui enseignent les arts martiaux sur leur terrain.

C’est sur ces montagnes que le légendaire Zhang San-Feng aurait crée le taijiquan, après avoir observé un combat entre une grue et un serpent. Depuis, les monastère de cette région ont continué les pratiques martiales basées sur l’utilisation de la force interne et du qi, donnant naissance à de nombreux styles, comme le baguazhang et le xingyiquan.

Le plus important des temples de cette région est le temple du nuage pourpre, sur les escaliers desquels de nombreuses personnes pratiquant les arts martiaux posent pour prouver leur passage.

Temple du Nuage Pourpre
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Sessions de pratique

Il est important de pratiquer le taiji entre les cours, mais il peut être difficile de choisir quoi faire. Voici donc quelques idées de petites sessions de pratique qui devraient vous prendre 5 à 10 minutes. Visitez cet article régulièrement, j’y ajouterai des idées au fil du temps.

jouer du pipa

Choisissez un mouvement, et tentez de vous rappeler tout ce que vous savez à propos de ce mouvement. Ca peut être à propos de l’intention, de la position du corps à un certain moment du mouvement, du placement des mains, de la répartition du poids, une application martiale… Répétez ensuite le mouvement plusieurs fois, en vous concentrant sur un seul de ces aspects à la fois. En 5 minutes, vous aurez ainsi le temps d’approfondir un ou deux aspects de ce mouvement, et vous avez déjà des idées pour de futures sessions de pratique.

Par exemple, vous pouvez pratiquer “抱月势 – embrasser la lune” 10 fois en faisant attention à pivoter sur votre hanche, 10 fois en faisant attention à transférer le poids vers l’avant, 10 fois en faisant attention au placement de la main sur l’avant-bras, et 10 fois en gardant l’application martiale en tête. Quel efficacité !

séparer les nuages avec force

Commencez à effectuer la forme, en ne prêtant attention qu’à l’enchaînement des mouvements. Laissez votre corps vous rappeler quel mouvement vient après, et pratiquez ainsi jusqu’à ce que vous ne sachiez plus ce qui suit. Recommencez ensuite depuis de début, et faites de même. Répétez ainsi une séquence de nombreuses fois, jusqu’à ce que l’enchaînement des mouvements semble naturel et évident, ou jusqu’à la fin des 5 minutes allouées, selon votre emploi du temps.

Questions fréquentes

Taiji ? Tai Ji ? Taichi ? Tai Chi ? Quelles différences ?

Tout d’abord, sur l’orthographe : “tai chi” est l’ancienne transcription du mot dans l’alphabet latin, alors que “tai ji” est la version récente officielle (cherchez “pin yin” pour en savoir plus).

Quant aux espaces, le choix est tout à fait arbitraire : il n’y a pas d’espace entre les caractères en chinois, donc on peut choisir à loisir d’en ajouter ou pas lorsqu’on les transcrit en alphabet latin. Je choisi de ne pas ajouter d’espace car je vois “taiji” comme un seul mot, désignant à la fois l’art martial et le concept philosophique sur lequel il est basé.

Taiji ou taijiquan ?

Le mot “taiji” désigne à la base le moment dans une certaine interprétation de la création du monde où les opposés, yin et yang se séparent, mettant fin à l’ère d’unité totale (nommée wuxin). Plus généralement, c’est la philosophie qui regarde le monde à travers les lunettes du yin et du yang, opposés complémentaires qui se combinent d’infinies façons pour donner lieux aux “dix-mille choses”, l’univers.

Le mot “quan” désigne un style d’arts martiaux pratiqué à mains nues. Il est souvent traduit par “boxe” dans des textes plus anciens.

Le mot “taijiquan” désigne donc un art martial pratiqué à mains nues, qui s’inspire de la vision philosophique taiji. Dans de nombreuses situations, on abrège “taijiquan” en “taiji” parce qu’en occident, on ne connaît que l’art martial (ou en tout cas sa version “gymnastique pour la santé”). D’autre part, cela permet aussi d’inclure les formes avec armes sous le même nom. Sinon, il faudrait parler de taijiquan, taijijian (épée), taijigun (bâton), etc.

Si le taiji est un art martial, est-ce que les cours sont violents ?

Le taiji est un art martial particulier, car il est souvent pratiqué avec l’intention de retrouver ou maintenir une bonne santé physique plutôt que de développer des prouesses en combat. Pour cette raison, la participation aux exercices à deux, et aux entraînements de combat sont toujours facultatifs, bien que fortement recommandés. De plus, les règles signées par les élèves à l’inscription fixent les bases d’interactions saines basées sur le consentement, la responsabilité et le respect.

Je ne suis pas souple/fort·e/en bonne forme, puis-je pratiquer le taiji ?

Absolument ! La pratique du taiji permet à toute personne de commencer un chemin vers une meilleure santé, (presque) quel que soit le point de départ. Je dirais que le niveau de base pour participer aux cours est de pouvoir marcher 10-15 minutes sans pauses (même lentement), et pouvoir s’asseoir sur un banc assez bas. De cette façon, vous pourrez participer à la plupart des exercices, et vous asseoir sur les bancs lorsque vous devez vous reposer un peu. On peut même espérer qu’avec le temps, cette pratique vous permettra de (re)trouver une bonne forme physique, et vous donnera beaucoup d’énergie.

En effet, les exercices sont conçus pour développer les compétences et les capacités physique avec la pratique. On peut donc partir d’un niveau de forme, souplesse ou force très faible, et se renforcer avec la pratique du taiji jusqu’à atteindre un niveau tout à fait honorable.

J’ai mauvaise mémoire, je ne pourrai jamais apprendre tous ces mouvements ?

La pratique du taiji est réputée pour améliorer la mémoire. Concrètement, l’apprentissage passe beaucoup par le corps, ce qui a tendance à aider la mémorisation. Les informations sont en général apportées à la fois visuellement et auditivement, tout au long du cours. De plus, le cours contient beaucoup de répétition, ce qui permet à l’apprentissage de se faire progressivement sur le long terme.

Pourquoi toujours le même échauffement ?

L’échauffement proposé en cours est un petit enchaînement de qigong assemblé par l’instructeur selon des principes de qigong traditionnel et de bioméchanique. Il contient des éléments qui visent à améliorer la force, l’équilibre, la souplesse et la coordination, ainsi que des mouvements qui promeuvent une bonne santé générale en stimulant certains organes internes.

Sa répétition vous permet de le mémoriser, et de le pratiquer en dehors des cours, comme pause de mouvement entre deux sessions de travail à un bureau, ou le matin pour bien démarrer la journée.

Pourquoi le style Wu ?

Cette question est épineuse. Comme dans bien des cas, ma première réponse est de dire que ça n’a aucune importance, et que ce qui importe, c’est la compétence de la personne qui enseigne, et la relation que vous forgez avec elle. En effet, si avec cette personne, le courant ne passe pas, vous ne pourrez pas apprendre grand chose de valable.

Supposons maintenant que vous ayez accès à plusieurs styles enseignés par des personnes compétentes avec qui vous vous entendez bien. Le style Wu, tel que je l’ai appris auprès de Maître Yan Long Jiang, est encore très proche de ses racines martiales, et conserve un potentiel énergétique fort. La plupart des personnes qui pratiquent cette forme se sentent énergisées après chaque séance de pratique. De plus, le programme d’entraînement transmis par le Maître contient encore un curriculum complet pour faire des élèves des combattant·e·s chevronné·e·s.

Cette proximité avec les racines est probablement due au fait que pour des raisons historiques, cette lignée a échappé à la standardisation décidée par le gouvernement chinois lorsqu’il a fait du taijiquan un outil important de prévention dans son système de santé.

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